Gilles Durvaux – www.postindustriel.be

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On l’a dit, la Tubize 2002  a été livrée à la SAFEA en 1929. A l’heure d’aujourd’hui, le site est entièrement réhabilité et il ne subsiste rien de cette immense, dangereuse usine polluée. Seule notre 2002 témoigne encore à sa manière de ce passé.

La société anonyme pour la fabrication d’engrais azotés (SAFEA), basée à Houdeng-Goegnies près de La Louvière, a cessé ses activités en juin 1978.

La construction des installations débute en 1929 pour se terminer deux ans plus tard. Dès le début, l’entreprise est constituée sous la forme d’une société anonyme. Elle est détenue principalement par la société Gustave Boël et l’Union chimique belge (UCB). L’emplacement de l’usine est judicieusement choisi car il permet de fabriquer et d’écouler rapidement l’engrais. En effet, des tuyaux partent des usines Boël pour conduire le gaz jusqu’aux fours de SAFEA. De plus, les installations sont situées à proximité de l’ascenseur n°1 de l’ancien canal du Centre permettant la vente rapide d’engrais. Durant la Deuxième Guerre Mondiale, les installations de SAFEA sont réquisitionnées par les autorités allemandes pour réaliser de l’azote liquide destiné à la fabrication d’explosifs. Actuellement, en raison du peu d’historiens qui ont étudié SAFEA, il n’est pas possible de savoir si l’entreprise a collaboré activement avec l’occupant. Après la guerre, la production évolue. Dans un premier temps, SAFEA produit d’abord du sulfate, puis, grâce à l’acide nitrique synthétisé dans l’usine, du nitrate d’aluminium. A partir de 1963, de l’oxygène destiné aux convertisseurs des aciéries voisines est réalisé par l’entreprise  d’Houdeng.De nombreux bâtiments ont été construits. Ces constructions s’expliquent par la multiplicité des opérations à réaliser dans le processus de fabrication des produits et la nécessité de respecter des distances de sécurité. Les installations s’articulent autour de deux bâtiments centraux, surplombés par une grande baie vitrée, qui contiennent les compresseurs de réfrigération. La chaufferie, le magasin, les ateliers ou une sous-station électrique sont situés autour de ces deux mastodontes. Le site comprend également un château d’eau et une cheminée haute, deux édifices de type Monnoyer, qui ne sont repris dans aucun inventaire. De plus, des gazomètres parsèment le paysage.

Gilles Durvaux – www.postindustriel.be

 

 

 

Tous les produits chimiques n’ont pas bougé depuis trois décennies, touchant profondément et durablement la nappe phréatique. Le laboratoire est resté tel quel et semble encore prêt à  accueillir des scientifiques. Enfin, pour terminer cette énumération non exhaustive, un hangar abritait encore de l’amiante en grande quantité.

Les raisons et les conditions de la fermeture restent floues. Sur le site, il restait peu d’archives car elles ont été ramenées dans les bureaux de la SPAQUE à Liège.
Une ouverture des archives de la famille Boël permettrait peut-être de répondre à cette question.
Les travaux de réhabilitation ont été entrepris grâce aux fonds dégagés par le gouvernement wallon qui, dans le cadre du Plan Marshall, consacrera plusieurs centaines de millions d’euros à l’assainissement des anciens sites industriels pollués.

Guénaël Vande Vijver,
Archiviste à l’Ecomusée régional
du Centre

SAFEA photo de Werner Engelen

 

 

 
la tubize 2002 à SAFEA dans les années 70